La douleur rédemptrice. L’autosacrifice précolombien

27.00 

Claude François Baudez

Dans la Mésoamérique pré-colombienne (1500 avant-1520 après J.-C.), l’autosacrifice est une saignée rituelle exercée sur soi. Aussi douloureux qu’il puisse être, il ne doit pas mener à la mort. Ses formes multiples combinent divers paramètres : la quantité de sang versé, la partie du corps concernée, l’instrument employé, le degré de douleur recherché, la fréquence et le rythme des saignées, leur pratique individuelle ou collective. Tout le monde a vocation à se sacrifier, depuis les bébés auxquels les mères tirent une goutte de sang du lobe de l’oreille, jusqu’aux rois et aux grands prêtres qui s’infligent de longues tortures. Si l’autosacrifice obéit à de multiples motivations, il s’agit d’abord de payer avec son corps pour les bienfaits, déjà reçus ou attendus. Le simple fait d’exister fait de l’homme un débiteur. L’autosacrifice constitue la phase essentielle d’un cycle sans fin de dons et de contre-dons, d’humiliations et de rédemptions, de souffrances et de bien-être. En assimilant le vaincu au vainqueur ou la victime au sacrifiant, le sacrifice humain (sacrifice de l’Autre) apparaît comme un substitut du sacrifice de Soi. En fin de compte, c’est toujours soi-même que l’on sacrifie.
Cet ouvrage, qui fait la part belle aux images, est le premier à être consacré à l’autosacrifice pré-colombien.

Directeur de recherche au C.N.R.S., Claude François Baudez a d’abord dirigé des fouilles archéologiques au Costa Rica, au Honduras et au Mexique. Depuis
1980, il s’est consacré à l’iconologie de l’art maya, ce qui lui a permis de mieux comprendre cette civilisation,
en particulier ses croyances et ses rites, dont celui de l’autosacrifice. Pour la présente étude, il a étendu son analyse à des images et à des textes d’autres civilisations mésoaméricaines (aztèque, notamment), chez lesquelles cette pratique était fort répandue.

20 × 25 cm – 272 pages
ISBN: 978-2-36013-086-3

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